“Génération Sacrifiée”: Redonnons un espoir à la jeunesse

“Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.” François Mitterrand

“Il n’est pas facile d’avoir 20 ans en 2020”. Ces mots, du président de la République, reflètent une triste réalité vécue par notre jeunesse. Peu après son élection, Emmanuel Macron a rapidement démontré, par ses actes, qu’il ne serait pas le président des jeunes. Bien au contraire. Un président contre la jeunesse!

Après des coupes budgétaires votées par le groupe politique LREM impactant directement les jeunes (baisse des A.P.L…), la majorité présidentielle a instauré une sélection aux formations et à l’université ainsi qu’une modification dans le choix des études supérieures (Parcoursup).

Par la suite, le président Macron a décidé de baisser drastiquement le nombre de contrats aidés, qui permettaient notamment aux jeunes de commencer à s’insérer dans le milieu de l’emploi. Alors que les jeunes ont de plus en plus de mal à trouver un emploi, le gouvernement laisse peu d’espoir pour leur futur et leur retraite, notamment au vu de la réforme des retraites proposée: “vous n’aurez pas de retraite” ou “vous mourrez au travail…”

Cette politique s’est accentuée avec la crise sanitaire Covid-19 et ses conséquences économiques. La jeunesse a été la première impactée. Le nombre de jeunes en recherche d’emploi ne cesse de grimper.

En septembre, déjà un jeune actif sur six n’avait pas d’emploi. Le plan Castex n’y changera rien et n’apporte que peu de solutions et aucune pérenne. La pauvreté continue de croître en raison de la pandémie. La crise sanitaire est concomitante à une crise sociale.

Chaque jour, des Français tombent dans la pauvreté. 1,2 millions de personnes supplémentaires ont été aidées par le Secours Populaire de mi-Mars à fin Août, soit une augmentation de 50 % par rapport aux années précédentes.

Parmi ces nouveaux français précaires, la population jeune active et les étudiants y sont surreprésentés.

Cette jeunesse semble être la “Génération sacrifiée” par le quinquennat d’E. Macron. Elle souffre. L’inaudibilité de cette jeunesse fait écho au tragique événement de Anas K. , étudiant qui s’est immolé par le feu en novembre dernier à Lyon pour dénoncer la précarité étudiante.

Pourtant, cette génération est prête à s’investir et être actrice dans notre société. La jeunesse regorge de futurs potentiels médecins, infirmiers, enseignants, agriculteurs, chercheurs, postiers, policiers… Mais pour cela, il faut leur donner les moyens d’agir et de construire leurs avenirs sans l’épée de Damoclès.

POUR UN REVENU DE BASE JEUNE 18–30 ans:

Alors que la crise mondiale du COVID-19 évolue chaque jour, impactant notre économie, de nombreux citoyens, notamment des jeunes, basculent inévitablement dans la précarité. Afin d’éviter un choc social et sociétal et de lutter contre la précarité croissante, il est primordial pour le pays des Lumières de mettre en place un système de solidarité pérenne. Il est temps d’accompagner les jeunes. Le Revenu de Base Jeune devra être étendu à l’ensemble de la population, après expérimentation auprès des jeunes.

Ce revenu de base, sans contrepartie et automatique, devra être dégressif en fonction des revenus. Il devra également être d’un montant au moins égal au seuil de pauvreté ( 1063 euros en 2020). Cette allocation sera également l’occasion d’élaborer un vrai plan d’accompagnement de l’insertion des jeunes à la vie active.

POUR UNE PRIME D’ACTIVITÉ JEUNE:

UNE AIDE POUR LES JEUNES ACTIFS ET ÉTUDIANTS SALARIÉS.

Être jeune actif est généralement plus difficile financièrement: frais de scolarité (pour les étudiants salariés ou alternants, frais de logement…). Cette prime d’activité jeune, ce coup de pouce, viendrait en complément ou à défaut en remplacement de la prime d’activité. Cette prime serait une prestation mensuelle afin de soutenir le pouvoir d’achat des jeunes et de favoriser l’entrée dans l’emploi. Elle concernerait les étudiants salariés, les salariés, les travailleurs indépendants et les fonctionnaires âgés de 16 à 26 ans. Ce qui leur permettra une entrée dans la vie active ou une scolarité sereine.

POUR UNE SCOLARITÉ ACCESSIBLE À TOUS:

Les frais de scolarité ne doivent pas être un frein dans l’épanouissement et l’avenir de la jeunesse.

Trop de jeunes ne réalisent pas leurs projets professionnels faute de moyens financiers suffisants. C’est pourquoi, certaines collectivités de gauche mettent en place des mesures favorisant une scolarité accessible à tous. Par exemple, en Occitanie, les actions de Carole Delga durant son mandat ont conduit à la rentrée scolaire la moins chère de France: prêt des manuels scolaires, premier équipement professionnel, aide/ gratuité à l’acquisition d’un ordinateur portable, aide à la lecture de loisirs, aide à l’acquisition d’une licence sportive, bons plans culturels sportifs et touristiques… L’Occitanie montre le chemin, ces mesures doivent être étendues à l’ensemble des jeunes, de l’ensemble de la France. En parallèle de cette aide à la scolarité des jeunes, il est primordial, notamment en cette période, d’assurer un accès égal aux soins à tous les jeunes.

POUR UNE RÉELLE CARTE SANTÉ JEUNE 12/26 ANS:

Actuellement pour de nombreux jeunes, c’est le dilemme: se soigner ou finir la fin du mois. Malheureusement, trop de jeunes, décalent leurs consultations ou ne se soignent pas, faute d’argent. Pourtant une carte santé jeune existe. Elle recense tous les lieux qui assurent un accueil généraliste sur toutes les questions liées à l’adolescence ; l’écoute et les consultations permettent de mieux comprendre et répondre aux questionnements et aux souffrances des jeunes.

Toutefois, cette carte n’assure pas un réel accès aux soins à tous les jeunes. Il est donc essentiel de compléter cette carte jeune.

Oui, la contraception doit être gratuite.

Oui, les protections hygiéniques doivent être gratuites.

Oui, chaque jeune doit pouvoir consulter, tous les trimestres, un médecin et un dentiste, sans avancer d’argent.

Ces mesures qui peuvent sembler minimes sont essentielles et vitales. Elles peuvent permettre aux jeunes, de finir sereinement leurs fins de mois en assurant leur sécurité sanitaire. Il est intolérable que dans un pays développé cette insécurité soit d’actualité.

Il est également nécessaire d’accompagner les jeunes précaires dans l’achat de produits de première nécessité (alimentation…) grâce à une aide pour les jeunes précaires. Les associations n’ont plus les moyens de se substituer éternellement à l’État. Nos valeurs socialistes et humanistes doivent aller en ce sens.

POUR DES CHÈQUES SOLIDAIRES JEUNES MENSUELS :

La précarité dans la jeunesse croit conséquemment sur deux plans.

L’un des secteurs les plus délaissé afin de faire des économies : c’est l’alimentation, l’hydratation… Nous devons aider les jeunes à vivre dignement, sainement. Trop de jeunes souffrent de malnutrition.

En Haute-Garonne, le Conseil Départemental dirigé par le Président socialiste Georges Méric a mis en place, depuis la crise sanitaire des “bons solidaires” à destination des familles les plus fragiles pour les aider dans leurs achats du quotidien.

Cette initiative, solidaire et humaniste, permet une réelle justice sociale et doit donc être répandue.

Ainsi, il serait pertinent de l’instaurer auprès des jeunes, population très précarisée. Ces chèques solidaires jeunes, seraient remis selon les revenus.

Il apparaît aussi nécessaire pour aider l’accessibilité à la culture des jeunes d’universaliser les chèques culture. En effet, la culture est un des vecteurs prépondérants d’émancipation et un catalyseur de cohésion sociale. Dans une société où l’individualisme est accrue, il est essentiel de garder des liens sociaux entre tous. Ceci permettrait d’éviter une jeunesse qui doit choisir entre l’ouverture d’esprit et le loyer.

Enfin, il est important d’aider les jeunes à vivre dignement, dans un logement digne.

POUR DES LOGEMENTS ABORDABLES, ACCESSIBLES ET SAINS :

Faute de moyens et de choix, de nombreux jeunes vivent dans des logements insalubres voire des squats. Cette discrimination réduit les chances de réussite d’avenir pour les jeunes.

Il est de notre devoir, d’accompagner notre jeunesse à avoir une accessibilité à un logement sain et abordable. Nous devons augmenter le nombre de chambres universitaires, tout en améliorant la qualité de vie dans celle-ci et en plafonnant les loyers. En effet, la loi ÉLAN, sur l’encadrement des loyers, devra être pérennisée et appliquée à l’ensemble des collectivités. Elle permet aux collectivités locales de le faire. Ainsi, suite à nos scores municipaux étant positifs, il apparaît évident que l’ensemble des collectivités socialistes doivent être les moteurs et demandeurs de ce plafonnement.

Notre société est dans un tournant de son histoire. Nous faisons face à une pandémie mondiale qui va générer une crise économique.

La pauvreté chez les jeunes, étant déjà importante, va s’aggraver. Et pourtant, comme le rappelait Victor Hugo “La jeunesse est le sourire de l’avenir devant un inconnu qui est lui-même”. En tant que Socialistes, Humanistes, nous devons être pionniers, porteurs d’espoir et de solutions. Nous ne pouvons pas laisser cette « Génération sacrifiée », nous ferons tout pour qu’elle soit la « Génération de l’Espoir »

Pour une France humaniste, inclusive et solidaire !

Contribution des Jeunes Socialistes de la Haute-Garonne pour le Congrès du Parti Socialiste de Villeurbanne

Je soutiens cette contribution thématique, je signe:

Mouvement des Jeunes Socialistes de la Haute Garonne

Mouvement des Jeunes Socialistes de la Haute Garonne